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À l’Unistra, un datacenter souverain pour accompagner la formation et la recherche

À l’Unistra, un datacenter souverain pour accompagner la formation et la recherche

Construire un datacenter souverain, performant et durable : le pari réussi de l’Université de Strasbourg pour soutenir l’excellence académique et la recherche scientifique.

Située au carrefour de la France, de l’Allemagne et de la Suisse, l’Université de Strasbourg (Unistra) constitue un pôle majeur de la formation académique et de la recherche en Europe. L’Unistra bénéficie d'une réputation solide à l’international avec son offre de formation dense et ses programmes de recherche au rayonnement transfrontalier. Chaque année, elle accueille près de 50 000 étudiants, compte 2 000 enseignants-chercheurs et emploie environ 3 000 collaborateurs. L'Université de Strasbourg est l'une des plus grandes universités multilingues et multiculturelles en France. Elle compte plus de 20 % d'étudiantes et d'étudiants internationaux de 156 nationalités différentes et des personnels de plus de 80 nationalités différentes.

Un nouveau datacenter pour soutenir l’excellence académique

Pour répondre à des besoins informatiques croissants et essentiels à un environnement universitaire exigeant, la Direction du Numérique de l’Unistra décide et positionne, dès 2013, son datacenter en tant qu’épine dorsale technologique.

« À la suite de la fusion des trois universités strasbourgeoises en 2008-2009, nous avons entrepris de rationaliser et de sécuriser notre système d’information, explique Pascal Gris, responsable du Département Infrastructures d’Unistra. Nous partions d’un environnement fragmenté, composé de petites salles informatiques mises en œuvre au fil des besoins, avec des systèmes environnementaux et de sécurité peu adaptés. »

Ces infrastructures hétérogènes ne répondaient plus aux besoins de l’institution et l’exposaient à des risques non négligeables : manque d’agilité des services numériques, risques opérationnels et enjeux de sécurité des données, inefficience énergétique et des difficultés à accompagner la croissance académique et de recherche.

S’appuyer sur un partenaire d’expérience

« La recherche, en particulier, nécessite une infrastructure fiable et une puissance de calcul importante, flexible et dynamique. C’est pourquoi nous avons engagé une réflexion structurée autour de la création d’un datacenter moderne », poursuit Pascal Gris.

À la suite d’un appel d’offres pour une assistance à maîtrise d’ouvrage, l’Unistra s’est adjoint les services de DEEP, dont la réputation en termes d’exploitation de ses propres datacenters, a largement dépassé son territoire luxembourgeois, là où l’entreprise y dispose de 3 sites certifiés Tier IV. 

« Le choix s’est porté sur DEEP principalement pour leur expérience d’exploitant de datacenters, poursuit le responsable. Plus que des consultants, nous avons fait confiance à des “faisants”, capables de traduire des principes en réalités opérationnelles et qui maîtrisent concrètement les enjeux d’une infrastructure souveraine. »

Grâce à cette capacité à combiner vision stratégique et expertise terrain, DEEP accompagne l’université à chaque étape du projet :

  • conception du datacenter

  • suivi de la maîtrise d’œuvre

  • choix technologiques et opérationnels structurants

  • missions complémentaires dont les étapes cruciales de certification, optimisation, évolution


 

Une mise en œuvre guidée par trois priorités

Le projet prend forme autour de trois piliers fondamentaux :

1. Disponibilité et résilience

« Pour garantir la continuité de service, nous nous sommes appuyés sur des dispositifs redondants, au minimum en N+1, voire en 2N », précise Pascal Gris. Cette approche permet d’assurer un haut niveau de disponibilité, indispensable pour les activités critiques de l’université et de son écosystème.

2. Performance énergétique et innovation

Les enjeux énergétiques ont fait l’objet d’une attention particulière dès la phase de conception. « Le datacenter a été mis en service en 2019, bien avant les crises énergétiques récentes ou l’essor de l’IA. Notre responsabilité nous a guidés vers une gestion de la consommation d’énergie en tant que sujet central. Nous avons donc privilégié des technologies peu énergivores, notamment un système de refroidissement par géothermie », assure Pascal Gris.

Ces technologies d’efficience énergétique permettent de produire le refroidissement nécessaire pour les serveurs et également de valoriser la chaleur produite par ces derniers, notamment pour le chauffage de bâtiments.

Cette approche innovante a valu à l’Unistra un trophée européen du Code of Conduct en 2019 pour la qualité du projet et l’efficacité énergétique.

3. Souveraineté des données

« Pouvoir garantir la maîtrise des services et la souveraineté des données nous est aussi apparu comme un enjeu clé dès le départ », souligne Pascal Gris. Le choix d’un datacenter interne s’est ainsi imposé comme une alternative stratégique au cloud public. « En gérant nous-mêmes l’infrastructure, nous protégeons les données de la recherche, limitons notre dépendance à des acteurs tiers et conservons une gouvernance complète de nos environnements », poursuit le responsable du département.

Un socle au service d’un vaste écosystème

Cette infrastructure exceptionnelle, intégralement gérée par l’Université de Strasbourg, répond à des besoins qui dépassent la seule institution académique. « Nous nous inscrivons dans une logique de mutualisation au service de l’écosystème de l’enseignement supérieur et de la recherche, à l’échelle régionale, et dans certains cas, d’acteurs publics », explique Pascal Gris. Cette mutualisation permet d’optimiser les coûts à l’échelle de l’écosystème tout en soutenant des collaborations territoriales.


 

Des résultats concrets et durables

Depuis sa mise en service, le datacenter s’impose comme un levier stratégique pour l’Unistra, avec des bénéfices tangibles :

  • haute disponibilité des services IT

  • maîtrise énergétique avancée

  • reconnaissance nationale (label du ministère de l’Enseignement supérieur)

  • capacité à proposer des services cloud innovants sur base du IaaS et PaaS

  • ouverture maîtrisée à des partenaires externes

« Le projet a fortement contribué à transformer l’organisation, et notamment les services informatiques, assure Pascal Gris. Nous avons complètement repensé le département pour nous aligner sur les modèles cloud ainsi que les offres de services pour mieux accompagner les besoins de la recherche. »

Une collaboration inscrite dans la durée

Plus de dix ans après les premières collaborations, le partenariat entre l’université et DEEP se poursuit. « Nous apprécions énormément de travailler avec les équipes de DEEP et de pouvoir nous appuyer sur un conseil qui repose sur une expérience concrète, avec une vision lucide des évolutions du secteur », précise Pascal Gris.

Aujourd’hui, le partenariat qu’entretient l’Unistra avec DEEP se poursuit notamment autour d’enjeux clés pour l’institution :

  • l’obtention de certifications, et notamment l’ISO 27001 et l’ISO 50001

  • les projets d’évolution du datacenter, pour répondre à des besoins toujours croissants

  • une recherche toujours élevée de performance et d’optimisation en matière environnementale

Perspectives : IA, haute densité et nouvelles architectures

L’évolution des usages, notamment avec l’essor de l’intelligence artificielle, fait émerger de nouveaux défis.

« Les serveurs GPU, qui permettent la puissance de traitement nécessaire aux nouvelles applications, sont particulièrement énergivores. Ainsi, le modèle actuel de refroidissement pourrait atteindre ses limites à moyen terme. Nous devons donc anticiper ces évolutions. »

Avec DEEP, plusieurs pistes sont actuellement à l’étude :

  • le refroidissement liquide avancé (DLC, immersion)

  • la mise en œuvre d’infrastructures adaptées aux très hautes densités

  • une évolution vers des architectures hybrides

En parallèle, des initiatives émergent sur la mesure de l’impact carbone des services numériques, intégrant toute la chaîne (infrastructure, réseau, usage), domaine dans lequel DEEP peut déjà faire valoir une solide expérience.

Un partenariat exemplaire

« Ce projet illustre une approche globale, combinant vision stratégique, maîtrise technologique et innovation environnementale », conclut Pascal Gris. Un modèle inspirant pour les organisations confrontées aux défis croissants de la gestion des données, de l’énergie et de la souveraineté numérique.